Warsaw Artist Woos New Collectors (avec synopsis français)

Posted: Friday, 03-09-2010

Adach faces

In his paintings Adam Adach explores both personal and historical memory. In his pieces, personal themes often based on memories from childhood intertwine with references to history and collective experience. 

ARTKABINETT social network of fine art collectors has already noticed his work in some of our independent collector uploads. 

The artist draws inspiration from anonymous photographs, press clippings, book illustrations, scenes he himself recorded using his photo camera or in his sketchbook.

Though almost entirely lacking narration, Adach's paintings do manifest a kind of emblematic anecdotal quality.

In his most recent works, exhibited in 2006 in Vienna, the artist tracks totalitarian ideologies whose traces remain in architectural monuments. Separating them from their contexts, he demonstrates the timeless power of these melancholy images.

This presentation at the CCA features new works produced especially with this exhibition in mind. At its core it constitutes a singular painterly commentary on Polish reality as observed by an artist who spent the last years examining it from afar and thus retaining it primarily in his nostalgic memory.

Adam Adach (b.1962) obtained a veterinary degree in Warsaw before emigrating to France in the late 1980s.

While abroad, he completed the École Supérieure des Beaux-Arts in Lyon and the École Nationale Supérieure des Beaux-Arts (ENSBA) in Paris. He returned to Poland in 2006 and lives and works in Warsaw.

En français

Né en 1962 (28 septembre) - Nowy Dwór Maz Pologne • Vit et travaille à Paris

En polonais, «pole» signifie «champ». La vision de ce champ vient à Adam Adach de la petite ville où il a passé son enfance, dans l’ouest de la Pologne, une cité divisée en deux par ce terrain.

D’un côté la vieille ville d’influence germanique, de l’autre, la nouvelle, inspirée par l’ «utopie» communiste et principalement occupée par des militaires affectés à une base aérienne voisine. C’est un paysage d’hiver auquel la neige confère une dominante blanche.

Les deux tiers inférieurs du tableau constitueraient un monochrome blanc, n’était le bonhomme de neige qui l’arrime malicieusement à la figuration du réel.

Le tiers supérieur est occupé par une alternance de forêt et d’habitat, fermé à gauche par une chaufferie dotée d’une haute cheminée dont la fumée, en s’échappant vers la droite, sert de cadre dans le cadre, comme, parfois chez Cézanne, une ramure.

Mais c’est le contrepoint chromatique, d’un jaune vif cerné de rouge qui attire le regard : un rectangle très allongé et divisé en trois parties égales, percé sur deux d’entre elles de petites ouvertures carrées, elles-mêmes cernées de rouge.

On dirait un tableau en triptyque, ou bien un train avec locomotive à vapeur et trois wagons, mais le motif originel en est une architecture d’hypermarché, signe emblématique autant qu’ambigu de la transformation de la Pologne, qu’on a implantée là.

L’endroit est d’autant plus familier à Adam Adach qu’il s’agit du chemin qui conduit chez le vétérinaire ; lui qui, avant de devenir artiste, fut vétérinaire.

Une part non négligeable de la peinture d’Adam Adach trouve sa source visuelle dans les décors de son enfance polonaise (mais aussi, plus tard, dans les lieux divers où sa vie l’a mené).

Autant dire que l’histoire (avec un petit h et avec un grand H – ou « une grande hache » comme disait Michel Leiris) y joue un rôle central. 

Née peu après la chute du mur, dans un pays qui ne l’avait pas attendue, cette chute, pour ruer dans les brancards, la peinture d’Adach aurait pu se contenter de recycler habilement ce background assez prisé.

Ce ne fut pas le cas, et dès le milieu des années 90, les premières œuvres qu’on vit de lui témoignaient d’un univers très singulier.

Car, évidemment, Adam Adach n’est pas (seulement) un peintre d’histoire.

Tout d’abord parce que l’élément autobiographique occupe dans son travail une place importante, mais aussi parce que sa peinture, comme toute peinture digne de ce nom, interroge sans cesse ses propres codes et sa propre…histoire.

Elle constitue une réflexion approfondie sur la relation à l’image et au motif, sur les catégories de la figuration et de l’abstraction que, manifestement, elle ébranle ; sur la question du «comment peindre ?», en particulier après Ryman et Richter ; sur les notions de pittoresque et de sublime, etc.

Pole offre la plupart de ces entrées et, comme nous le suggérions plus haut, cette surface jaune cernée de rouge évoque autant (et sans doute plus) le tableau que l’hypermarché, un tableau qui rappelle le «petit pan de mur jaune» par lequel Proust fait de Bergotte un redécouvreur de Vermeer, le manifeste héroïque de Barnett Newman (Who is afraid of yellow, red and blue ?).

Et peut-être aussi les mises en perspective de tableaux dans le tableau dont René Daniëls, au cours de sa fulgurante carrière, a su nous gratifier.

 

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